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La coopération internationale de la Suisse: évidemment les intérêts propres sont prépondérants

La version de la procédure de consultation du Conseil fédéral relative au message sur la coopération internationale vient de paraître. Il est encore trop tôt pour restituer une réflexion complète sur les près de 50 pages intenses. Au lieu de cela, quelques réflexions succinctes sur le mantra des intérêts propres de la Suisse qui ont accompagné la genèse de ce message.

Le nouveau message relatif à la coopération internationale de la Suisse (CI) doit être axé sur les intérêts propres de la Suisse, voilà ce qui est dit à mots plus ou moins couverts depuis longtemps déjà. Le «NZZ am Sonntag» a manifestement déjà vu en avance la version de la procédure de consultation et a titré le 13 avril avec suffisance: «Cassis mise sur «Switzerland first» en matière d’aide au développement.» Ceci est mis le plus nettement en œuvre dans le message là où il s’agit des critères selon lesquels le Conseil fédéral souhaiterait axer la future CI: les intérêts de la Suisse viennent même en second lieu juste après les besoins des populations concernées, avant même la valeur ajoutée de la CI suisse (Swissness) en comparaison internationale.

Global Compact for Migration: signer tout de suite!

Certains parlementaires se réjouissent du fait, qu’à l’avenir, les intérêts de la coopération pour le développement doivent être associés à la politique envers les réfugiés. Ils soulignent que la Suisse ne doit soutenir, avec des fonds destinés au développement, que des pays du Sud si ces derniers sont prêts à un accord de réadmission pour les demandeurs d’asile qui ont été refusés de la Suisse. En effet, dans la présente version de la procédure de consultation, le lien entre politique de développement et politique migratoire est un peu exagéré. Nous, l’OCDE dans son dernier rapport national sur la CI helvétique et, entre-temps, le Conseil fédéral savent que ce lien immédiat est insensé. Il est amusant de voir que la partie sur la migration dans le message se lit désormais comme une raison pour laquelle de nombreux parlementaires bataillaient avec virulence en vue de signer immédiatement le Global Compact for Migration.

Dans les engrenages de la politique intérieure

Le mantra d’une coopération pour le développement dans l’intérêt de la Suisse va continuer à déterminer la discussion. Cela doit-il nous déranger en tant que représentants et représentantes d’une politique de développement solidaire? Un regard différencié vaut la peine. En soi, il est absurde d’affirmer que la politique de développement suisse n’était pas, jusqu’à maintenant, guidée par les intérêts. Pour le message, il s’agit d’une stratégie de politique de développement qui doit passer par les engrenages politiques du Conseil fédéral et du Parlement. Jusqu’à maintenant et également à l’avenir, il était question de politique intérieure dans la coopération pour le développement – et de ce fait évidemment aussi de politique d’intérêts.

La coopération solidaire pour la santé – Dans l’intérêt de la Suisse

Il est peut-être même plus honnête de nommer clairement les intérêts propres et de les intégrer dans le processus politique de négociations relatif à la stratégie de politique de développement. Nous voulons une coopération internationale pour la santé solidaire de la Suisse. Nous disons que cela est dans l’intérêt de la Suisse: la Suisse fait entrer en jeu dans ce secteur beaucoup d’expériences d’ONG et d’institutions de recherche. Au niveau international, Genève est de plus en plus mise au défi par d’autres villes en tant que capitale internationale de la santé. Il est tout simplement dans l’intérêt de la Suisse de déployer un engagement crédible de la Suisse pour la lutte contre la pauvreté et pour le droit à la santé, dans le monde entier, en tant que partie intégrante de l’Agenda 2030 des Nations Unies. Et un engagement crédible d’un petit État économiquement fort comme la Suisse ne repose justement pas sur la poursuite d’intérêts propres à court terme, mais sur une protection durable des fondements de la vie de notre planète.

Martin Leschhorn Strebel
Réseau Medicus Mundi Suisse

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