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Initiative pour l’autodétermination: Sakharov et Havel se retournent dans leur tombe

L’initiative pour l’autodétermination menace le combat mondial en faveur des droits de l’homme et du citoyen et pour la paix dans le monde. Et rarement une initiative avait à ce point oublié l’Histoire.

L’initiative pour l’autodétermination, sur laquelle nous devons nous prononcer le 25 novembre, est un affront aux hommes et aux femmes du monde entier qui s’engagent en faveur des droits de l’homme dans leur pays, malgré des conditions extrêmement difficiles. De Moscou à Varsovie en passant par Washington - cette initiative va dans le même sens que les moyens les plus divers employés par des gouvernements conservateurs de plus en plus autoritaires pour remettre en question le droit international.

Personne ne se souvient de la Charte 77?

Il est inquiétant de voir à quel point les initiant-e-s de l’initiative oublient l’Histoire. Ils nient le rôle important joué par les droits de l’homme, après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, pour permettre aux individus de demander des comptes face à l’arbitraire et à la violence d’État. Ils méprisent en outre la contribution apportée par le droit international et l’administration supranationale de la justice au maintien de la paix.

Il n’est pourtant pas difficile de voir la force et l’importance prises par le droit international dans le renforcement des droits de l’homme et de la démocratie. Les mouvements de défense des droits des citoyens ont joué un rôle déterminant dans la vague démocratique qui a déferlé sur l’Europe de l’Est à la fin des années 1980. Souvenons-nous de la Charte 77 en Tchécoslovaquie, un mouvement de la société civile qui s’est engagé en faveur des droits de l’homme et du citoyen dans un contexte extrêmement dangereux.

Le nom «Charte 77» faisait référence à l’Acte final d’Helsinki, dans lequel les États signataires d’Europe de l’Est et de l’Ouest rassemblés lors de la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe (devenue l’OSCE) s’engageaient à se conformer aux principes d’inviolabilité des frontières, de règlement pacifique des différends, de non-intervention dans les affaires intérieures et de respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Un affront

Les droits de l’homme et les libertés fondamentales n’étaient pas défendus seulement par la Charte 77, mais aussi par d’autres militant-e-s de l’ancien bloc de l’Est. De la même manière, des hommes et des femmes de pays les plus divers invoquent aujourd’hui le droit supérieur, qui doit autant que possible être défendu par les juridictions supérieures. Lorsqu’un État tel que la Suisse, qui a pourtant par l’intermédiaire du mouvement de la Croix rouge grandement contribué au droit international, méprise ce dernier, c’est un affront à ces hommes et à ces femmes qui luttent pour les droits de l’homme partout dans le monde. Et c’est un cadeau à tous les politiques aux aspirations autocratiques. Droit étranger, juges étrangers? Andreï Sakharov et Václav Havel se retournent dans leur tombe.

Martin Leschhorn Strebel
Réseau Medicus Mundi Suisse

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